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Charles et Hélène de la Verpillière, député et assistante parlementaire

Charles et Hélène de la Verpillière, député et  assistante parlementaire
Alors que l’affaire Fillon a fait la une des médias, le député de la deuxième circonscription de l’Ain, Charles de la Verpillière, et son épouse Hélène, attachée parlementaire, ont accepté de nous recevoir pour expliquer leur collaboration. Entretien.

Depuis quand Hélène de la Verpillière est-elle votre attachée parlementaire ?
Charles de la Verpillière : Depuis juin 2007, lors de ma première élection en tant que député. Il n’était pas vraiment prévu que je devienne député à ce moment. Lucien Guichon a annoncé qu’il ne se représentait pas quelques semaines avant l’élection. J'ai dû constituer une équipe rapidement. Hélène était disponible, elle connaissait déjà bien le département, les gens ici, la politique, elle avait le niveau requis. Au départ, elle a commencé à mi-temps. Cela nous a permis de démarrer vite…
Hélène : Et en confiance…
CV : Ensuite, elle est venue à temps plein. Avec des interruptions de contrat pendant les campagnes électorales, par correction, puisqu’elle s’occupait de ma campagne.

Comment fonctionne votre équipe ?
CV : Il y a un contrat, avec un lieu d’exercice, qui est le bureau parlementaire de Lagnieu. Hélène et Sabine sont à temps plein, Edwige à temps partiel. À un moment, j’ai eu un collaborateur à temps partiel à Paris, mais il vaut mieux tout piloter d’ici.

“Une grande confiance”

Hélène, quelle est votre mission ?
HV : Je pilote, je coordonne, je supervise. Je rédige des interventions, je reçois des personnes qui ont eu rendez-vous avec Charles pour effectuer un suivi, notamment en matière d’emploi. Parallèlement, j’ai mes missions comme la communication, avec le site internet, les réseaux sociaux, les mails. Je gère la comptabilité, les petites pannes, les ressources humaines. J’assure les demandes de rendez-vous avec les cabinets ministériels. J’organise les manifestations plus politiques, la venue de personnalités… Je reçois les demandes pour la réserve parlementaire. Chaque année, nous avons des centaines de demandes. Parfois, je représente Charles aussi. Je conduis quand il est fatigué. Il m’arrive d’avoir l’impression d’être un couteau suisse.
Comme tous les assistants parlementaires, mon rôle est d’essayer de traduire l’esprit du député. Mais il existe aussi une grande confiance. Beaucoup de gens viennent me trouver en pensant que s’ils me disent quelque chose à moi, c’est comme s’ils le disaient à Charles.

Quel a été votre parcours professionnel et votre formation pour tenir ce rôle ?
HV : J’ai eu un bac D, puis j’ai effectué une prépa en commerce et j’ai intégré une grande école. J’ai été chef de produits chez Avon et Yves Saint Laurent, pour les lignes de parfum à l’international. À l’arrivée de mon deuxième enfant, j’ai arrêté de travailler. Quand j’ai commencé ici, j’ai suivi une formation à l’ENA avec plusieurs modules sur une année. J’ai aussi effectué une formation à distance, plus approfondie en matière de droit.

Comment en êtes-vous venue à vous impliquer dans la vie politique de votre mari ?
HV : Dès le départ, je me suis impliquée. On était fiancés, et j’ai trouvé le premier slogan de ta première campagne. C’est un choix de vie et un engagement à deux.
CV : Cela nous fait des centres d’intérêt commun.
HV : À toute heure du jour et de la nuit, c’est presque un sacerdoce. À deux, on trouve toujours une solution.

Au-delà des soupçons d’emploi fictif reprochés à Pénélope Fillon, les montants de sa rémunération font polémique. Comment Hélène est-elle rémunérée ?
CV : La rémunération est encadrée pour les conjoints. Au maximum à la moitié de l’enveloppe allouée pour les assistants parlementaires qui s’élève à 9.618 euros par mois. Comme elles sont trois… Hélène était cadre, elle a la rémunération d’un cadre administratif. Après, certaines choses nous échappent : pour l’ancienneté, l’Assemblée Nationale fixe les règles. C’est un contrat de droit privé et l’assemblée nationale assure la rémunération. L’argent ne transite pas par le député.

Quand on travaille en famille, n’est-il pas plus facile de proposer des augmentations ?
HV : Tu ne m’as pas augmentée…
CV : Si, une fois, en 2012 ou en 2013…
HV : C’est parfois même l’inverse, par rapport aux autres assistantes, quand j’ai besoin de lui parler pour boucler un dossier, il me dit, toi on verra plus tard.

Que pensez-vous de l’affaire qui concerne François Fillon ?
CV : François Fillon a commencé sa carrière de député très tôt, en 1981. C’était un autre monde, les choses étaient très peu codifiées. Par exemple, lorsque mon père était sénateur, je ne sais pas s’il avait un comme collaborateur. Quand je suis arrivé à l’Assemblée Nationale en 2007, c’était très clair, déjà très cadré. C’est un premier point à sa décharge.
François Fillon est aussi un homme politique d’envergure nationale. Les conditions d’exercice de son mandat n’ont rien à voir avec celles d’un député avant tout préoccupé par l’action locale.
Je pense tout de même qu’il y a une part de coup monté, préparé de longue date, pour créer un dossier venant de certains services.
Il ne faut pas le juger hâtivement. C’est à lui d’apporter les éléments sur la réalité. Rien n’interdit de faire du travail à domicile. Chacun est libre.
Quand au montant des rémunérations, il faut faire attention, on parle en brut, il faut prendre en compte la période. Là dessus, je ne pense pas que Le Canard Enchainé ait été de bonne foi.


Travail en famille : “manifestement, c’est un problème”

L’affaire Fillon a aussi démontré un besoin de transparence dans la gestion de l’argent public de la part des Français. Pensez-vous que la transparence soit suffisante actuellement ?
CV : La transparence, il doit y en avoir. On n’a jamais caché le fait qu’Hélène soit ma collaboratrice. Il y a une règle légale à laquelle personne ne peut échapper : nous sommes obligés de donner le nom de nos collaborateurs et la profession de l’épouse. La transparence existe. Pour un député, tout est détaillé au centime près.

Le fait de travailler en famille en tant que député est-il un problème ?
CV : Manifestement, oui. Il est également possible que ce soit réglementé voire supprimé sur la prochaine mandature. Je peux le regretter. Après, ce qui devient difficile, c’est quand il s’agit de neveux, ou autres proches…

Soutenez-vous toujours François Fillon ?
CV : Je le soutiens, je ne suis pas quelqu’un qui craque comme ça. Je me suis engagé, j’adhère à son programme, il a la légitimité des primaires.

Comment voyez-vous la suite de la campagne ?
CV : Pour l’instant, l’attention a été focalisée sur François Fillon. Il faut voir s’il arrive à se stabiliser. S’il reste autour de 20 %, tout est possible. Il faudra bien que les autres révèlent leur programme et ce sera à eux d’être sous le feu des projecteurs, avec une lumière crue. Il ne faudrait pas de deux poids, deux mesures.

Serez-vous candidat aux prochaines législatives ?
CV : J’ai l’investiture. Je formaliserai les choses ultérieurement.  C.B

 

Encadré : Jacques Berthou : “Ne pas mélanger les genres”

Sénateur jusqu’en 2014, Jacques Berthou a, au cours de son mandat, embauché quatre attachés parlementaires. Dès les premiers mois, Pascal Protière, président de la communauté de communes et conseiller régional, occupe cette fonction. “Il ne pouvait pas tout faire.” Chloé Augey est venue suppléer rapidement, tandis qu’un second assistant exerçait à mi-temps sur Paris, tous deux sont diplômés de sciences politiques, et enfin, une troisième assistante est venue compléter l’effectif. “Nous avions en 2014 une enveloppe d’environ 7.500 euros pour la rémunération à répartir entre les différents collaborateurs. Au début du mandat, je ne dépensais pas tout car je voulais pouvoir augmenter au fil des ans. L’excédent était reversé au groupe politique auquel j’appartenais, pour son fonctionnement.”
Pour Jacques Berthou, le travail en famille est difficilement concevable, même s’il témoigne de l’action menée par Hélène de la Verpillière : “Il ne faut pas mélanger les genres. Il y a des gens qui seront toujours intègres. Mais si on laisse des libertés, certains auront tendance à mettre la main dans le pot de confiture. Le travail produit doit être à la hauteur du salaire. Il faudrait interdire l’embauche d’un membre de la famille. C’est normal que les gens ne l’acceptent pas. C’est une question de décence, d’éthique, de morale.”




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